⚠️⚠️⚠️ Samedi 15 décembre ⚠️⚠️⚠️

Opération pique nique surprise sur un point stratégique

MATIN :
3 points de RDV
9h30 Carrefour Portet
10h00 Sesquières
10h00 Jean Jaurès

CONVERGENCE sur lieu de pique-nique
Éviter les couteaux afin de prémunir d’éventuels contrôles des forces de l’ordre

14h MANIFESTATION RDV à François Verdier
Pour ceux qui ne souhaitent pas se rendre à Toulouse l’action se définira sur place demain midi.

Ps: pensez à prendre pour le repas du midi du coup en evitant les couteaux… 😉

« Nous avons rassemblé nos groupes facebook afin de fluidifier la communication et de proposer des actions plus importantes. Voici donc l’évènement pour l’acte V de samedi pour Toulouse »

Témoignage de l’Acte 5 à Toulouse

15 décembre 2018. La journée où tout a changé. 
4500 personnes au convoi, marche de François verdier à Arnaud Bernard. Acceuillie par les canons à eau, la marche a fait demi tour et est retournée à François verdier. Acceuillie par les blindés… qui ont envoyé les premières lacrymos.
Nous étions entouré. Les rues perpendiculaires étaient bloquées par la gendarmerie mobile. Nous avions les lacrymos devant, les canons derrière. 
Des lycéens, des handicapés, des étudiants, des retraités, des parents avec leurs enfants, des gens qui n’ont plus rien à perdre. Nous étions ensemble. Et nous étions encerclés. 
Lorsque la première sommation a retenti, et la seule, j’ai vu des personnes déboussolées, désorientées, pleurant, pas du tout préparées, criant d’arrêter. 
Les grenades étaient là, au beau milieu du cortège. Réponse violente à la non violence. 
Ils ont bien réussi leur coup cette fois… en séparant la manifestation en deux, empêchant les gens d’avancer pour porter secours à ceux qui étaient « du mauvais côté ». Nous étions à genoux, contraint de reculer. « Pour notre sécurité ». 
Je me suis retrouvée face à une ligne de CRS refusant catégoriquement le passage, tant de notre côté à celui de l’action, mais surtout du côté de l’action à notre côté. Ils ont refusé que les personnes trouvent refuge du côté qui ne craignait « rien ». Du moins, tant qu’ils ne décidaient pas de charger. Elle est passée où, l’excuse de la sécurité ?
J’ai vu des personnes comme moi, étant là juste pour porter secours, se faire interpeller et confisquer leur matériel médical. J’ai vu un CRS refusant ma compresse et mon bandage alors qu’il avait une main en sang, mais également ce même CRS montrer cette main à un journaliste de RTL en se lamentant de la violence des manifestants. 
Aujourd’hui j’ai vu une équipe de la BAC se mettre à charger en criant des « youhou » et des « ah ben enfin ». Mon dieu que j’ai regretté ne pas avoir filmé ça. 
J’ai vu l’utilisation des canons à eau, de loin, à 400m de là où étaient les blindés. J’ai vu les personnes prises entre les lacrymos et les canons, ne sachant plus où trouver refuge. J’ai vu et j’ai surtout senti, cette peur et cette incompréhension générale. D’où c’est parti ? Pourquoi ? Nous dansions, nous chantions. Et d’un seul coup… une ambiance de guerre. 
Aujourd’hui, j’ai vu un peuple se faire piétiner, pour oser s’être retrouvé et exprimer leur désaccord, leur peine, et surtout oser montrer leur solidarité. Je n’étais là que pour témoigner, en toute âme et conscience, et j’ai pleuré du gaz. Mais ça je savais que ça pourrait arriver. 
Ce que je ne savais pas par contre, c’est que la gendarmerie avait le droit d’interpeller à 10 contre 1 une personne en le plaquant au sol d’une violence rare, « parce qu’il était masqué », de leurs propres mots. Ce que je ne savais pas, c’est que quand la BAC se met à charger ils ont l’air de bien aimer ça. Ce que je ne savais pas, c’est que peut importe tes bonnes intentions, tu seras considéré comme un « casseur » par les médias juste parce que tu as osé avoir une écharpe et un pantalon noir. Ce que je ne savais pas, c’est que des forces telles que 2 blindés, 1 canon à eau et 600 CRS se sont déployées à Toulouse « pour notre sécurité », lors d’une manifestation pacifique, et qu’elles ont été utilisées sans limites, jusqu’à dispersion totale de tous les civils.
Ce que je ne savais pas, c’est que la liberté de s’exprimer et de manifester n’est plus qu’utopie, en France. 
Toute personne me connaissant sait que je suis naïve, pensant vivre dans un monde de bisounours et pensant également que la violence ne résout rien. Alors croyez mes mots, ou venez voir par vous même samedi prochain. 
Aujourd’hui, peut importe la réelle signification de ces mots, je suis Gilet Jaune. Car aujourd’hui, je suis le peuple français.

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