Une Citoyenne s’exprime : « Nous sommes dans un monde où la morale c’est ringard, dégueulasse.

Il y a le Prôôôgrèèèès (à dire en bêlant comme des ânes)

et la morale, qui vous rappelle forcément des vertus rances et moisies

Sauf, que tout ne se vaut pas,

et que dans un monde où l’on aime détester la morale, où il est de bon ton de critiquer la moralité, il ne faut pas s’étonner d’arriver à une société du plus fort, où plus rien n’entrave les pulsions des êtres humains que nous sommes… et que l’appât du gain soit sans limite.

La morale est un contre-pouvoir aussi vieux que l’humanité.

Supprimez la morale et vous avez un monde sans foi ni loi :

économiquement, exploiter l’autre jusqu’à la mort n’est plus un problème moral.

Penons  l’affaire Ghosn, et référons-nous au salaire d’un de ses prédécesseurs dans un groupe concurrent, à savoir Jacques Calvet, patron dans les années 90 du groupe PSA.

Monsieur Calvet devait gagner chaque mois quelque chose comme 200 ou 300 000 francs,

ce qui veut dire 30 000 euros/m, soit 360 000 euros annuels, ce qui est une poignée de cerises comparée aux dizaines de millions perçus par Carlos Ghosn.
(Quand on regarde de plus près les émoluments totaux de Carlos Ghosn perçus en 2015, ils se composent d’unerémunération (salaire fixe + salaire variable + jetons en nature + avantages en nature) d’un peu plus de 3 millions d’euros,
et d’actions (qui seront acquises en février 2019) pour près de 4,2 millions d‘euros, soit 58% de la rémunération totale.
​«Pour une attribution d’actions d’un million d’euros, la nouvelle fiscalité va faire économiser en moyenne environ 200.000 euros de prélèvements obligatoires au bénéficiaire et 150.000 euros à l’entreprise»
Réponse: Emmanuel Macron avec sa loi pour «la croissance et l’activité».
Ce même Emmanuel Macron … qui exige donc aujourd’hui de Carlos Ghosn qu’il diminue sa rémunération au titre de l’exercice 2016, après avoir indirectement participé à son augmentation.)


La morale c’est ce qui fait qu’un pompier pompe pour moins de 2 000 euros par mois !

La morale rejoint par extension l’engagement et le sens de son travail,

et c’est ce qui fait que les gendarmes gendarment, que les pompiers pompent ou que les infirmières soignent, sans oublier les enseignants qui enseignent, pour des salaires allant de 1 500 à 2 000 euros par mois selon l’ancienneté.(dont certains se contenteraient…)

La morale c’est ce qui rend la vie en société plus supportable.

La morale c’est aussi ce qui peut nous unir au lieu d’un individualisme forcené qui nous oppose.

Morale, contre-pouvoir, fiscalité sont autant d’éléments qui permettent d’organiser un ruissellement positif pour la société plutôt qu’une évaporation systématique de tous les profits.

L’une des causes principales de nos maux est « institutionnelle »,

dans la mesure où, pour une large part, nos institutions ont été dévoyées,

notre morale collective a été laminée et détruite, les contre-pouvoirs, annihilés.

 Les abandons successifs de souveraineté de la France nous ont conduits dans une situation où les politiques ne sont que des courroies de transmission d’une superstructure qui nous broie tel un rouleau compresseur.

De ce fait, les profits s’évaporent, ils fuient, ils s’évadent, fiscalement.

En faisant depuis des années la politique de Bruxelles,

à savoir une politique orientée vers le libre-échange, la consommation de masse (avec des PIB où la consommation représente 70 %)

et bien évidemment la solvabilité des États pour payer les dettes jusqu’à la lie,

on ne fait aucune politique susceptible de fédérer la population.

On nous rapine, et l’on nous demande en plus de trouver cela très bien et d’applaudir des deux mains.

Alors comment fait-on pour éviter le développement de ce capitalisme de connivence ?
Comment définir des contre-pouvoirs efficaces ?
Quel rôle de contrôle permanent pour les citoyens ?
Comment remettre de la morale dans notre éducation et nos comportements ?
Comment concevoir une société plus juste sans qu’elle soit oppressive à l’égard de ceux qui créent et entreprennent ?
Comment encourager le vertueux ?
Comment améliorer nos institutions pour instituer le ruissellement profitable à tous, et éviter l’évaporation nuisible à chacun ?
Comment doit-on utiliser la monnaie ?

Voilà des questions (liste non exhaustive) absentes, mais qui méritent certainement, elles, un véritable grand débat !

Parce que franchement, il ne faut pas se laisser enfermer dans des sujets insignifiants.

Quand on occupe notre temps de cerveau disponible avec des questions superficielles,

on ne parle ni des banques, ni de la monnaie, ni des institutions, ni des contre-pouvoirs, ni de la place des citoyens.

Sur les ronds-points, les gens se parlent à nouveau comme jamais.

Sur les ronds-points, les gens ne consomment plus, au contraire, ils vivent de la manière la plus simple et le plus souvent de la générosité des « autres ».

Personne n’a organisé de « logistique ».

Tout le monde apporte à tous en fonction de ses capacités et des besoins.

C’est assez surprenant et… marquant.

Cela montre le besoin d’humanité et de sens. »

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