Promis juré, la mise en œuvre du reste à charge (RAC) zéro n’aura pas d’incidence sur les tarifs des complémentaires santé.

En annonçant le dispositif au printemps dernier, la ministre de la santé Agnès Buzyn avait affirmé qu’elle tiendrait toute velléité d’inflation en respect.

Quelques mois plus tard, c’est la douche froide pour les assurés.

À réception de leurs échéanciers entre octobre et décembre derniers, ils ont pu constater que la parole gouvernementale, aussi déterminée fût-elle, n’avait pas tellement de poids.(Les assurances relèvent du privé et se contrefichent des « vœux pieux » de l’État, lequel y trouve son compte pour réduire le « déficit » de la S.S condamnée à brève échéance…)

Là encore, la solution est de privatiser à la hache !

Pour beaucoup, une hausse notable de la cotisation était au rendez-vous.

Sur la base du millier d’échéanciers qui nous ont été transmis suite à un appel à témoignages,

nous sommes en mesure d’établir une progression des tarifs entre 2018 et 2019 de près de 8 % en moyenne.

À relativiser, car ce sont évidemment celles et ceux de nos lecteurs les plus mécontents qui ont pris la peine de nous signaler leur situation.

N’empêche qu’au-delà de la moyenne, nous avons constaté que des hausses autour de 20 à 25 % en une seule année ne sont pas rares.

Dans quelques cas, le chiffre atteint 40, voire 50 %.

« Je croyais que les pouvoirs publics avaient exigé un blocage des prix », s’étonne un lecteur en commentaire.

En effet, mais les organismes complémentaires ne se sont manifestement pas sentis tenus par les promesses des pouvoirs publics.

Et formellement, ils n’avaient signé aucun engagement.

Rien ne leur interdisait de faire à leur guise, quitte, pour faire passer la pilule, à invoquer d’autres motifs que le RAC zéro.

Augmentation de 2 € du forfait journalier à l’hôpital au 1er janvier 2018,

de 6 € de la participation forfaitaire sur les actes coûteux en 2019,

revalorisation de la consultation chez le dentiste :

autant de raisons citées dans les courriers pour justifier les tarifs en hausse.

La mutuelle Ociane a même évoqué l’extension de l’obligation vaccinale pour les enfants de moins de deux ans, intervenue il y a un an !

Plus classiquement, les complémentaires santé avancent le nécessaire équilibre financier des contrats, un argument pratique qui permet de ne pas trop entrer dans les détails.

Concrètement, et quel que soit l’argument utilisé, les usagers se retrouvent aujourd’hui devant des hausses inédites de leur complémentaire santé.

Ce après plusieurs années d’augmentations déjà sensibles.

Plusieurs vont jusqu’à se demander s’il ne serait pas pertinent de se passer de mutuelle, d’autant que, pour certains, il existe une couverture à 100 % en ALD (affection longue durée) par l’assurance maladie.

L’UFC-Que Choisir, de son côté, soutient la résiliation à tout moment, passé une année de cotisation, qui permettrait de changer plus facilement de contrat et de faire jouer la concurrence.

Actuellement, la résiliation n’est possible que dans un délai de 20 jours après envoi de l’échéancier, et des complémentaires ne se privent pas de faire traîner l’expédition pour réduire la marge de manœuvre.

La résiliation à tout moment n’a finalement pas été intégrée à la loi Pacte actuellement en discussion. Elle pourrait être votée ultérieurement dans le cadre de la loi Santé.

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