ENVAHISSEMENT DU CA : LA PRÉSIDENTE NOUS MENT SUR LA FUSION

Ce matin, le Conseil d’Administration de l’Université Toulouse 2 devait se tenir. Après deux heures de discussions houleuses, il a été annulé. Une trentaine de personnes, parmi lesquelles des représentant-e-s syndicaux-cales de l’UET, l’UNEF, Solidaires et SUD ont envahi le CA pour interpeller la présidence sur plusieurs questions, parmi lesquelles le projet de COMUE expérimentale et l’exonération des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étrangers-gères. Ces problématiques névralgiques au bon fonctionnement de notre université avaient été soulevées plusieurs fois par notre élue au CA. A chaque fois, notre élue se heurtait à un mur et se faisait censurer. Lorsqu’elle a demandé en amont à ce que ces points soient inscrits à l’ordre du jour du CA, le mail de réponse lui a dit que ce n’était pas possible. Face au musellement des syndicats étudiants, nous avons décidé d’intervenir et d’aller voir Emmanuelle Garnier en personne pour lui demander de rendre des comptes sur ces questions.
Après de nombreux échanges, nous avons appris que le projet de fusion des universités du site toulousain n’était pas mort et enterré. Selon la loi votée au 10 août dernier, l’État peut désormais faire fusionner les établissements de force, par ordonnance, en un projet de « COMUE expérimentale ». Notre université n’a toujours pas quitté la table des négociations avec l’Université Fédérale de Toulouse et pourrait donc, dès demain, se retrouver dans un nouveau projet de fusion/regroupement malgré elle.
Le 15 janvier 2019, s’est tenu un Conseil Académique de l’Université Fédérale de Toulouse durant lequel Philippe Raimbault, président de la COMUE, a présenté un rapport sur l’« état des lieux de la politique de site ». Dans ce rapport, on peut lire que le nouveau projet devra « bâtir une stratégie scientifique unique (…) lisible par les partenaires socio-économiques du territoire » et « améliorer l’efficience des services rendus à l’ensemble des communautés dans un cadre financier contraint ». Autrement dit, démanteler le service public qu’est l’université pour la vendre aux intérêts privés, sous la contrainte de politiques d’austérité budgétaire. Au programme de ces nouvelles pistes d’évolution, est aussi inscrit le principe d’une « gouvernance resserrée (…) largement ouvert[e] aux extérieures (50 à 60 % issus du monde socio-économique) ». La démocratie universitaire déjà bancale sera remplacée par un conseil d’administration d’entreprises !
Après un mouvement de grève de 6 mois, la nouvelle présidence retombe déjà dans les mêmes travers que feu Daniel Lacroix, dans le manque de transparence le plus total et les cachotteries décomplexées. La date butoir pour que le projet de regroupement soit bouclé est fixée au 3 juin, et les membres de la communauté universitaire ne sont toujours pas mis au courant du fait que l’UT2J soit à nouveau impliqué dans un projet de la sorte. La ligne rouge vient d’être franchie pour l’équipe de la présidente Garnier : nous ne voulons pas d’une nouvelle fusion, sous aucun prétexte. Nous envahirons tous les CA s’il le faut, jusqu’à ce que la pleine lumière soit faite sur l’avenir de la politique de site.
Concernant la hausse des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étrangers-gères, Emmanuelle Garnier a réaffirmé qu’elle y était opposée, tout en précisant qu’elle ne désobéirait pas au décret du ministère et que, d’ici la rentrée, l’établissement ne serait pas hors-la-loi. Pour maintenir le principe d’égalité entre tou-te-s les étudiant-e-s, la mise en place d’un système d’exonération serait en train d’être réfléchie sur l’UT2J.
La modalité de l’exonération n’est pas pleinement satisfaisante à nos yeux, car elle demande aux étudiant-e-s d’avancer une très grosse somme d’argent qu’ils et elles ne possèdent pas forcément, dans l’attente d’un remboursement dont les critères restent encore à définir. A ce jour, faute de textes officiels du ministères, impossible de prédire comment aménager cette hausse et en annuler les effets. Néanmoins, nous exigeons de faire partie d’un groupe de travail qui réfléchira sur cette problématique.
Enfin, l’UET condamne les entraves aux libertés syndicales, le manque de transparence, d’écoute et de dialogue de l’équipe de présidence en place. Tant que nous ne serons pas entendu-e-s sur les réformes qui angoissent et effraient les étudiant-e-s à l’heure actuelle, nous maintiendrons le rapport de force et sommes prêt-e-s à faire durer la confrontation et l’annulation des conseils centraux de la fac.

#LaFusionCEstToujoursNon