Le 30 mai 1968, un million de Français défilaient contre la chienlit qui, depuis un mois, sévissait en France,( à l’instigation de puissances étrangères qui se servaient d’une « extrême-gauche » anarchiste et apatride pour se débarrasser du pouvoir gaulliste jugé trop gênant pour leurs « affaires ».)

Quelques semaines plus tard, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale, les élections législatives y conduisaient une large majorité gaulliste nationaliste souverainiste.

Le rapport de force de la rue et de la majorité silencieuse était clairement établi avec les factieux qui avaient menacé nos institutions et affaibli le pays sur la scène internationale.

Le peuple réel avait parlé.

Le général de Gaulle perdrait, cependant son référendum un an plus tard,( avec des électeurs manipulés qui n’avaient rien compris aux enjeux véritables… mais se contentaient d’un retour au  « calme », lequel engendrerait une tempête 50 ans plus tard)

Certains ont donc voulu répéter l’Histoire et mobiliser contre la chienlit des gilets jaunes, la « prétendue« majorité silencieuse des partisans de l’ordre macronien. (aux antipodes de l’ordre Gaulliste qui protégeait les intérêts d’une ample majorité bien réelle…

Attitude qui ne convenait déjà pas à une minorité agissante qui a pris le pouvoir depuis et ne le lâche pas, contrairement à De Gaulle qui s’est comporté en démocrate exemplaire en quittant son poste.)

La tragédie de 1968 est devenue la comédie de 2019 :

en comptant large, quelques milliers de « foulards rouges » se sont rassemblés place de la Nation, témoignant ainsi de l’absence de socle sociologique du macronisme.

Devant l’échec de ce mouvement lancé par un militant « en marche » toulousain, les caciques du régime et du parti s’étaient faits discrets tandis que la « marche » se voulait de plus en plus une protestation contre la violence et le désordre plutôt qu’un soutien au Président.

Elle s’intitulait pompeusement « Marche républicaine des libertés » et prétendait donc élargir par son nombre celui des supporters du Président. (c’est raté !)

Elle n’a réussi qu’à montrer le petit nombre et la faible motivation de ceux qui le soutiennent.

Cette manifestation des rouges contre les jaunes reprend inconsciemment l’opposition des couleurs qui avait divisé la Thaïlande en 2008.

On ne peut pas dire que cela témoigne des avancées de notre vieille démocratie, mais on doit au contraire y voir le signe de sa chute.

L’affrontement des jaunes et des rouges révèle la profondeur de l’échec.

Tous ceux qui sont exclus de la cordée, des chômeurs aux retraités, des Français « périphériques » aux déclassés des classes moyennes, se sentent plus ou moins solidaires des manifestations des gilets jaunes, tout en critiquant les débordements qui y surviennent.(qui émanent des trublions infiltrés pour casser le mouvement)

85% des Français estimaient que le Président n’est pas proche de leurs préoccupations et 80 % qu’il ne leur parle pas comme ils l’attendent.(ces scores ont été largement revus à la baisse depuis, ils avoisineraient les 60 à 65 % selon les déclarations des médias)…

Ce constat de rupture entre la majorité du peuple et le chef de l’État est le nœud du problème.

Après le show présidentiel organisé par le biais du grand débat national,

il est clair que le brio macronien ne remplace pas une légitimité faible lors de l’élection et qui a fondu lorsque est apparue la personnalité narcissique de l’élu.

Comment aimer un chef d’État qui n’aime pas son peuple et qui ne manque aucune occasion de le rappeler à l’étranger ?

M. Macron appartient à cette caste de l’oligarchie française qui pousse le snobisme jusqu’à être fatiguée de la France et des Français.

Il vient encore de dire qu’il trouvait dans l’allemand un charme romantique que le français ne lui apportait plus.

Depuis des semaines, le pouvoir joue un jeu dangereux où l’irresponsabilité et le cynisme se mêlent.

Ce qui s’est produit samedi, place de la Bastille, le révèle amplement.

Alors que la police a multiplié les arrestations préventives de gilets jaunes lors des dernières manifestations, on a laissé pénétrer dans l’espace d’une manifestation déclarée et autorisée des Black Blocs qui avaient annoncé leur venue.

Leur arrivée a servi de prétexte à une charge de police au cours de laquelle un leader des gilets jaunes, Jérôme Rodrigues, a été grièvement blessé.

Il filmait la manifestation.

Autour de lui, il n’y avait pas d’attroupement.

Il n’y avait donc aucune raison d’user de grenades de désencerclement puisque personne n’était encerclé.

Un gouvernement qui condamne une violence qu’il laisse se développer quand il ne la provoque pas,

qui engage un « grand débat » pour éviter de donner la parole au peuple à travers des élections ou un référendum,

qui n’a guère de légitimité faute d’assise populaire finit ainsi par perdre aussi toute légitimité morale.

Auteur : Michèle

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