Mardi de 8:30 à 18:00
Evènement : https://www.facebook.com/events/411866516054905/
Métro-Jean Jaurès
Allées Jean Jaurès, 31000 Toulouse

 

1. RDV 8h30 Lycée Déodat pour la tournée des établissements et mobiliser les collègues.
2. ACTION Occupation Médiatique 12h Jean Jaurès
3. AG 18h00

 

Mardi 19 mars, entre 150 et 200 #enseignant.e.s #grévistes se sont rassemblé.e.s devant les grilles du #rectorat de #Toulouse dans le cadre d’une action de #blocage, la suite a vite fait le tour des réseaux sociaux et autres plateformes de diffusion : les grévistes présent.e.s sur un des 4 points de blocage ont été #brutalisé.e.s, gazé.e.s à bout portant, jeté.e.s à terre et même strangulé.e.s.

Étant donné que le but de l’action ne portait en aucun cas atteinte à une quelconque sécurité des biens ou des personnes, que les actions similaires organisées dans l’#Éducation n’ont quasiment jamais rencontré une telle #brutalitépolicière dans notre passé récent, personne ne s’attendait à subir cette violence.

Pourtant, elle a eu lieu… Événement prouvant une nouvelle fois que nous sommes rentré.e.s dans une nouvelle ère quant aux rapports entre les #institutions et le #peuple. Depuis les #manifestations des #GiletsJaunes qui ont cours le samedi, rien n’est plus flagrant que cette distance s’instaurant entre la base et le pouvoir, distance se teintant petit à petit de considération « d’opposition politique ».

L’événement du mardi 19 mars devant le rectorat peut facilement être mis en lien, par de nombreux aspects, au mouvement des Gilets Jaunes.

D’abord, par le recours automatique aux forces de l’ordre pour mater une contestation. Comme chaque samedi, lors de cette journée de grève, des personnes en colère, indigné.e.s par les mesures prises par les dirigeant.e.s, voulant faire entendre leur voix sont réprimé.e.s par la force. Cette réponse est encore une fois privilégiée par rapport à la discussion. Il est naturel, lorsqu’on visionne ces vidéos de s’interroger sur les éléments de contexte qui ont pu causer cette violence, tout le monde est au courant du potentiel de #propagande que peuvent représenter les images ou les vidéos, d’un côté comme de l’autre de l’opposition. Un élément de contexte : cette action a fait suite à de nombreuses audiences accueillies dans les locaux du bâtiment bloqué ce mardi par un cynisme et une condescendance manifeste. Lorsque la parole ne suffit pas pour se faire comprendre, la mise en jeu des corps reste l’unique alternative, c’est ce que font les manifestant.e.s du samedi qui risquent leur intégrité physique ou leur liberté pour pouvoir se faire entendre, c’est ce qu’ont fait les profs en bloquant le rectorat ce jour-là.

Ensuite par l’usage désinhibé du gaz et de la violence par ces mêmes forces de l’ordre. Ah ! Qui ne connaît pas encore l’odeur du gaz #lacrymogène, cette sensation de #brûlure qui persiste bien longtemps après avoir été aspergé.e ! Nous sommes bien entré.e.s en #lacrymocratie ; dès que des gens se rassemblent pour contester, ils/elles sont aussitôt dispersé.e.s par les gaz. Cela devient un automatisme bien intégré par la population qui sait qu’à partir de 16h, l’air de la ville est difficilement respirable, on en viendrait presque à oublier que cette répression et cet usage massif des armes est condamné par de nombreuses entités transnationales. On assiste à un glissement du rôle de la #police qui passe de « garante de la sécurité des personnes, des biens et des institutions » à « garante des biens et des institutions contre les personnes ».

Enfin, par la tentative de #discrédit employée par les dirigeant.e.s afin de criminaliser les mouvements contestataires mettant les corps en jeu et de légitimer l’emploi de la violence par la police. Les manifestant.e.s gazé.e.s devant la grille du rectorat étaient selon la rectrice sur #FR3 représentaient des « agissements d’une minorités de manifestants n’ayant pas souhaité privilégier le dialogue ». Quel dialogue était à privilégier ? Celui des audiences où les revendications sont accueillies dans un carnaval de mépris ? Celui des lois liberticides et iniques qu’on nous enjoint de suivre et qui sont imposées par un gouvernement de plus en plus distant de son peuple ? Celui des forces de police où les arguments sont remplacés par des coups et des gaz ? Autre élément de contexte : la décision de maintenir le blocage de cette grille a été discutée et votée (à la grande majorité) sur les quatre points de blocage, et a donc suivi un principe de démocratie directe, non pas une décision arbitraire prise anti-démocratiquement par une frange radicale des manifestants. C’est la même dialectique des « marges de manifestants », des « éléments radicaux », des « casseurs », « black blocs » ou autre « groupes anarcho-autonomes » qui composent le lexique actuel du pouvoir lorsqu’il commente les manifestations des Gilets Jaunes. Autre glissement de la part de nos dirigeant.e.s ; celui de l’appropriation de la sémantique à des fins politiques. Qui sont celles et ceux qui se réclament de la démocratie (« demos » – peuple « kratos » – pouvoir), de la république (« res » – chose « publica » – publique par opposition aux intérêts privés), de la politique (« politis » – citoyen) ? Tout un lexique que le pouvoir s’approprie.

Que ce soit au niveau du refus de prendre en compte les revendications du peuple, de l’usage disproportionné de la force face aux manifestations et de la tentative de discrédit des manifestant.e.s par une propagande étatique, que ce soit dans les manifestations des Gilets Jaunes ou dans les actions lors des grèves dans l’enseignement, les agissements du pouvoir ne sont plus à considérer comme des événements isolés mais commencent à faire système.

NB: Nous ne sommes pas organisateurs. Nous relayons l’appel des citoyens. Aucun appel à la violence ni à la haine dans nos communiqués.

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