Samedi 13 Avril, de nombreux gilets jaunes de toute la France se sont rassemblés à Toulouse, devenue pour ce jour « la capitale » de la manifestation de l’acte 22. Nous étions heureux de nous retrouver tous ensemble, sachant que nos manifestations sont toujours joyeuses et bon enfant, malgré ce que peuvent en dire les médias français. Notre cortège est parti à 12h de la Place Jean-Jaurès. Une autre manifestation était organisée par plus de 50 organisations politiques, syndicales, Ligue des droits de l’Homme ou autres, sur un parcours déclaré en préfecture et autorisée, contre cette restriction des libertés publiques, pour le droit de manifester. Cette manifestation demandait l’abrogation de la nouvelle loi « anticasseur » du gouvernement Macron, réduisant drastiquement ces libertés et qui rentrait en vigueur ce jour. Elle devait partir de la Place Jeanne d’Arc à 13h30, située à 400 mètres de la place Jean Jaurès, pour rejoindre ensuite le cortège des Gilets jaunes.
Vers 12h30 le premier cortège a commencé à se déplacer dans les Allées Jean-Jaurès, pour un parcours très court, puisqu’il a été stoppé au bout de 500 mètres. En effet, selon une méthode bien préparée, les forces de l’ordre (FDO) ont bloqué le haut des Allées et nous ont tout de suite encerclé dans un périmètre restreint, depuis le bas des Allées et toutes les rues adjacentes. C’est alors qu’une pluie incessante de gaz lacrymogènes a inondé les quelques milliers de manifestants pendant plus d’une heure, en les empêchant de sortir de ce « trou à rat ». Les gaz lacrymogènes utilisés à Toulouse depuis début Janvier sont particulièrement chargés en produits irritants et nocifs, contenant entre autre du cyanure (comme en témoignent des analyse médicales). Ils ont conduit ces derniers mois, et surtout ce samedi 13 à des détresses respiratoires, des évanouissements, des vomissements des irritations graves et parfois persistantes des voies respiratoires, parfois associées à des saignements. En restant piégés dans ces contextes, de nombreux manifestants, dont des enfants, des handicapés, des personnes âgées, ont été touchées de façon plus ou moins graves et empoisonnées. Certaines personnes se sont engagées dans des cours ou des montées d’immeubles pour se protéger et ont été, elles aussi, gazées voire poursuivies par des policiers et matraquées. Les menaces et injures ont aussi été largement utilisés par les FDO, le matraquage a aussi touché hommes et femmes de tout âge, sans épargner la tête, pendant toute cette journée.
Ceci n’était que le début d’une longue série de gazages, parfois de l’usage des lances à eaux (elles même chargées de ces produits toxiques), matraquages et d’utilisation de grenades de désencerclements dont l’explosion a déjà conduit à de nombreux dommages physiques graves de type blessures de guerre parfois irréversibles, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes.
Le cortège de la seconde manifestation a reçu le même traitement dès sa formation, de même que de nombreux autres cortèges de Gilets jaunes, de professeurs en lutte contre les nouvelles lois du gouvernement. Depuis de nombreuses semaines à Toulouse, les cortèges de Gilets jaunes regroupaient régulièrement plus de10 000 manifestants, ce qui est important pour une ville de cette taille. Bien entendu, nous n’avons pas pu dénombré les participants à cette journée, très nombreux mais dispersés.
Toute manifestation ou regroupement a été de fait interdit et réprimé fortement tout au long de l’après-midi et de la soirée, soit pendant plus de 10 heures, de façon tout à fait illégale et contraire aux Droits de l’Homme. Des personnes se fait matraquer, comme cela est visible sur de nombreuses vidéo depuis le début du mouvement des gilets jaunes, des personnes boitant ou ensanglantées, des personnes tomber de détresse respiratoire, des arrestations de personnes complètement pacifistes. Il y a eu au total 45 interpellations dont 15 pour le seul motif de « dissimulation du visage », incluant par exemple le port de masques antifumée, de foulards, ou de lunettes pour se protéger des gaz qui sont devenu interdite par la nouvelle « anticasseur ». Notons que ceci entérine des pratiques policières, déjà pratiquées depuis plusieurs mois, de fouille des manifestants et de confiscation de ces protections qui sont considérées comme des armes. Depuis ce samedi, avec cette nouvelle loi, ils sont maintenant arrêtés, et risquent une condamnation judiciaire.
Entre autre violences, vers 19h un groupe de 10 membres environ des FDO se sont dirigés vers un couple en les violentant, puis quelques mètres plus loin une grenade offensive a été jetée par un de ces policiers sur un groupe de personnes, présentes à 20 mètres à peine et totalement inoffensives. Résultat : les street medics sont arrivés immédiatement, ont établi un cercle de sécurité avec des bâches protectrices. Deux camions d’urgence médicale des pompiers sont arrivés plus tard et sont resté encore longtemps sur place, laissant à penser à de graves blessures de plusieurs personnes.
Au total, sur ordre de la préfecture, et, de fait, du gouvernement, les FDO armés, face à une population non armée et pacifique :
-ont bloqué et dispersé pendant plus de dix heures les cortèges de manifestants, au fur et à mesure de leur formations et reformations, y compris pour la manifestation déclarée et autorisée,
-ont violenté, gazé, agressé verbalement et physiquement et blessé de nombreuses personnes présentes dans les manifestations comme de simples passants, habitants de proximité ou commerçants.
-ont voulu terroriser cette population pour qu’elle ne veuille plus venir manifester.
VOICI TOTALEMENT VENU EN FRANCE UNE POLITIQUE DE TERREUR, DE REPRESSION ET D’ATTEINTE AUX LIBERTES CITOYENNES.
Pour qui ? Pourquoi ? …… La nouvelle loi anticasseur prévoyait initialement la possibilité d’une interdiction administrative de manifester, mais ceci a été annulé le 4 avril 2019 par le Conseil constitutionnel français, considérant que cela portait atteinte à la liberté d’expression. Le constat est une interdiction de manifester effective et très agressive.
La presse nationale ou même régionale n’a pas parlé de ces évènements et leur gravité, ne relatant que quelques heurts sporadiques entre manifestants décrits comme violents et les FDO qui ont été contraintes à se défendre. Le même message médiatique depuis des mois, qui est d’ailleurs ressenti lui aussi comme une atteinte agressive au respect et à la dignité des citoyens français.
Un grand merci à tous les habitants, commerçants qui ont ouvert leur porte et protégé les personnes agressées et bien sûr aussi aux street medics et aux pompiers qui nous ont porté secours.
ON PEUT SE QUESTIONNER : …. SI CECI EST PERMIS AUJOURD’HUI EN FRANCE, A QUEL AVENIR NATIONAL ET INTERNATIONAL VEUT-ON NOUS FAIRE CROIRE OU POTENTIELLEMENT NOUS PREPARER ???


 

On Saturday, April 13, many yellow vest demonstrators from all over France gathered in Toulouse, which has become on this day the « capital » of the 22nd act of the demonstration. We were happy to be together again, knowing that our demonstrations are always joyful and friendly, despite what the national French media may say. Our cortege left at noon from Jean-Jaurès square. Another demonstration was organised by more than 50 political organisations, trade unions, the League of Human Rights or others, on a declared route in Toulouse prefecture and authorised by it, against this restriction of public freedoms, for the right to demonstrate. This demonstration called for the repeal of the Macron government’s new « anti-breaker » law, which drastically reduced people freedoms and came into force today. It was to start from Place Jeanne d’Arc at 1:30 pm, located 400 metres from Place Jean Jaurès, and then join the Yellow Vests procession.
At around 12:30 p.m. the first group of demonstrators began to move toward the Allées Jean-Jaurès, for a very short route, since it was stopped after 500 metres. Indeed, according to a well-prepared strategy, the police blocked the top of the avenue and immediately surrounded us within a restricted area, from the bottom of the avenue and all adjacent streets. It was then that a constant rain of tear gas flooded the few thousand demonstrators for more than an hour, preventing them from getting out of this « rat hole ». The tear gas used in Toulouse since the beginning of January is particularly loaded with irritating and harmful products, containing cyanide among other substances (as evidenced by medical analyses). They have led in recent months, and especially this Saturday 13th, to respiratory distress, fainting, vomiting, severe and sometimes persistent irritations of the respiratory tract, sometimes associated with bleeding. By remaining trapped in these contexts, many demonstrators, including children, disabled people and elderly people, were affected in varying degrees of severity and poisoned. Some people have been involved in courtyards or building stairwell to protect themselves and have also been gassed or even prosecuted by police officers and clubbed. Threats and insults were also widely used by the police, the bludgeoning also affected men and women of all ages, without sparing the head, throughout the day.
This was only the beginning of a long series of gassings, sometimes the use of water hoses (also loaded with those toxic products), batons and the use of detonation grenades, X which have already led to many serious physical war type injuries, sometimes irreversible, since the beginning of the yellow vests movement.
The procession of the second demonstration received the same treatment from its formation, as did many other processions of Yellow Vests, teachers fighting against the new government laws. For many weeks in Toulouse, the yellow vest processions regularly gathered more than 10,000 demonstrators, which is important for a city of this size. Of course, we were unable to count the many but scattered participants of this day.
Any demonstration or grouping was effectively banned and severely repressed throughout the afternoon and evening, i.e. for more than 10 hours, in a totally unlawful manners and in opposition to Human Rights. People are being bludgeoned, as can be seen on many videos since the beginning of the yellow vest movement, people limping or bleeding, people falling from respiratory distress, people being arrested completely pacifist. There were a total of 45 arrests, 15 of which were for the sole reason of « facial concealment « , including for example the wearing of antifog masks, scarves, or glasses to protect against gases that have become prohibited by the new « anti-cracker » law. We can only notice the all of those police practices are already in use for several months, body checking demonstrators and confiscating protections, which are considered as weapons. Since this Saturday, with this new law, they have now been arrested and are facing court sentences.
Among other violences, at around 7pm a group of about 10 members of the police forces headed towards a couple and assaulting them, then a few metres away from it an offensive grenade was thrown by one of those police officers at a group of people, only 20 metres away and totally harmless. As a result: the street medics arrived immediately, establishing a safety circle with protective tarpaulins. Two firefighter medical emergency trucks arrived later and remained there for a long time, suggesting serious injuries to several people.
In summary, by order of the prefecture, and, indeed, at the behest of the government, the armed police forces, in front of an unarmed and peaceful population:
– Blocked and dispersed for more than ten hours the processions of demonstrators, as they were being formed and re-formed, including for the declared and authorized demonstration,
– Verbally and physically assaulted, gassed and injured many people present in the demonstrations as mere passers-by, local residents or shopkeepers.
-Tried to terrorize this population so that they would no longer come to demonstrate.
HERE COMES IN FRANCE A POLICY OF TERROR, REPRESSION AND VIOLATION OF CITIZENS’ FREEDOMS.
For whom? Why?……… The new anti-breaker law’s plan was initially to provide the opportunity of an administrative ban of demonstrations, but this was cancelled on 4 April 2019 by the French Constitutional Council, considering that it infringed freedom of expression. However at the end, it was a very effective and aggressive way to make the demonstrations forbidden, on saturday 13.
The national or even local press did not really report on these events and their seriousness, reporting only a few sporadic clashes between demonstrators described as violent and the police forces who had to defend themselves. The same message has been used by the media for months, which is felt like an aggressive attack regarding the respect and dignity of French citizens.
A big thank you to all the inhabitants, shopkeepers who opened their doors and protected the people attacked and of course also to the street medics and medical emergency who helped us.
WE CAN ASK OURSELVES: …… IF THIS IS ALLOWED TODAY IN FRANCE, WHAT NATIONAL AND INTERNATIONAL FUTURE DO WE HAVE TO BELIEVE OR POTENTIALLY BE PREPARED FOR?

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