1) Réactions immédiates, émotions :

– road movie bouleversant, qui déconstruit le matraquage systématique des médias.

– des « gens de rien »  témoignent de leur « vie de rien », tourné en une semaine ( cf le cinéma-vérité des années 50).

– pas un programme politique, pas une tribune de Ruffin ni un appel à la révolution, l’objectif est de DONNER LA PAROLE à ceux/celles qui sont depuis longtemps INVISIBLES.

– les premiers mots qui viennent : chaleureux, solidarité joyeuse, générosité, DIGNITE …

– des extraits de L’an 01 ( film de Jacques Doillon, d’après la BD de Gébé) pour montrer l’espoir fou d’un autre monde .

– les gilets jaunes réclament aussi un droit à la beauté ( qui n’est pas réservée aux riches)

– en contrepoint, images d’intervention de Macron ou de journalistes pour montrer le fossé entre le mouvement et ses représentations.

Un anonyme parle des statues de cire du musée Grévin à son sujet…pour que la honte change de camp …

– Ruffin comme accompagnateur, comme catalyseur plutôt que commentateur…

2) Manifs et violences :

– Docu sur les ronds-points principalement, mettant en valeur la formidable humanité retrouvée ( à peu près totalement oubliée par les médias traditionnels) .

Mais faisant l’impasse sur les manifs du samedi et donc les violences.

Il est nécessaire de réfléchir sur ces violences :

– la première violence est celle des conditions de la vie quotidienne infligées par un système fondamentalement inégalitaire, dur pour les faibles et doux pour les puissants.

– la répression policière et judiciaire est à l’image de ce gouvernement : extrêmement brutale, tapant sur les têtes et les portefeuilles ( 23 personnes éborgnés, 5 mains amputées, avant le 1° mai…).

– beaucoup de gilets jaunes réagissent à ces gazages, matraquages, tirs de LBD intempestifs , ils en ont assez de tendre l’autre joue ( « Les policiers avec nous » de novembre/décembre sont loin, c’est dommage ) et certains « s’équipent » et s’entraînent avec les Black blocs.

Ces quelques personnes radicales ont une vision de la révolution que je ne partage pas (même si elle est cohérente) . Elles servent à faire peur au bourgeois et à masquer, en fait, les vraies raisons de la révolte.

Savoir jusqu’à quel point ces « violents » sont des provocateurs ( flics déguisés, c’est un classique) ou des manipulés ?

 

3) Convergences ?

– Même si l’ennemi est le même, il n’est pas toujours identifié nettement : pendant longtemps, les gilets jaunes ne parlaient pas des patrons et du système capitaliste, ils se méfiaient des syndicats ( comme faisant partie du système …).

– de leur côté, les syndicats n’ont compris que tardivement les proximités de ce mouvement avec leurs propres luttes .

– pourtant, la seule « sortie » intéressante et positive ne peut être que dans l’alliance des deux : le 1° mai, dans deux jours, sera un test grandeur nature de cette lucidité ( ou pas).

– les assemblées des assemblées de Commercy et de St Nazaire semblent aller dans ce sens …

 

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