Restitution du débat en groupes de travail sur la question : Qu’entend-on par capitalisme ?

GROUPE 1 :

Il y a un lien entre capitalisme et libéralisme. C’est la même chose mais le terme a changé pour que ça passe mieux (libéralisme anglo-saxon des années 50). Définition de base consensuelle : propriété privée des moyens de production qui conduit à l’exploitation du salariat, des hommes et des femmes qui travaillent. Le petit commerçant, l’exploitant agricole, les acteurs de l’initiative privée ne sont pas forcément des capitalistes. Notion de taille (mal précisée).

GROUPE 2 :

Le problème n’est pas tant le capitalisme que les inégalités. On est responsable par nos choix de vie mais on participe au capitalisme : que l’on soit d’accord avec ce système ou qu’on le rejette, on est dedans. Les personnes qui veulent vivre dans la marginalité touchent le RSA. Il se pose un problème de culture : comment se déformater de ce système ? On pourra en sortir par le nombre, il faut rester groupés. La prise de conscience doit être collective et individuelle. Les Occidentaux exploitent le reste du monde. La viabilité du capitalisme par rapport à l’écologie est douteuse. Proposition : que la propriété de l’énergie soit collective.

GROUPE 3 :

Le capitalisme est l’exploitation des gens, des terres. « La propriété c’est le vol », Proudhon.

C’est l’accumulation de certains au détriment du bien commun, l’exploitation de l’homme par l’homme, de la classe ouvrière. On est dans une version moderne via l’ultralibéralisme, l’exploitation à outrance engendrant l’extinction du vivant et des espèces. L’oligarchie moderne, l’esclavage moderne. Début du capitalisme ? On voit l’opposition entre les valeurs humaines et l’argent. Quasi consensus sur la définition du Larousse : libre marché, libre concurrence, propriété privée des moyens de production. Aspect négatif du libéralisme. Certains auraient aimé évoquer les points positifs. Le capitalisme aboutit à la mise en place d’outils de destruction massive.

 

GROUPE 4 :

Plutôt consensus sur la définition marxiste du capitalisme. On peut le caractériser par la dérive de la finance, la dérégulation, l’accumulation des richesses. Le pouvoir est derrière le Capital. Même si on est contre le capitalisme (anti-capitaliste), on ne doit pas forcément aller vers le collectivisme, pour éviter ce qui a pu se passer par exemple en URSS et les dérives autoritaires. Le capitalisme c’est la loi du profit au détriment de l’humain. Il faut être anti-capitaliste pour restaurer la valeur de l’humain, paradoxalement contre l’humain car aujourd’hui l’humain détruit l’environnement. Terme à définir, qui pose question : la formulation « contre le capitalisme » empêche de faire adhérer les gens. Le néo-libéralisme est un terme compliqué mais il semblait davantage faire consensus. Il y a un problème de vocabulaire, le pouvoir nous a enlevé notre vocabulaire.

 

1er échange en plénière

 

On n’a pas tous la même définition, la définition n’est pas commune. On a le sentiment qu’ils ont donné un nouveau nom au capitalisme, le libéralisme, pour sortir du discours de la lutte des classes. Du coup il faut définir ce qu’on met derrière pour aller au-delà des mots.

Nos propositions c’est : sortir de l’exploitation des humains par d’autres, supprimer les inégalités, sortir de la libre concurrence effrénée.

L’État-providence a été mis à mal ; des aides sociales existent depuis 1945. Il faut revenir à l’État-providence ? mettre en place un système coopératif ? On est dans un système qui est hors des réalités naturelles. On défend l’équité, la justice, une gestion de la nature qui permette aux générations futures de vivre, un système qui garantit ces choses-là.

Restitution des groupes de travail 

Propositions dans ou hors du capitalisme

GROUPE 1 (indécis sur la question de sortie ou non du capitalisme) :

 

On peut rester dans le capitalisme mais la citoyenneté au sens de l’initiative populaire est importante. Il y a un problème de répartition : il faut davantage de redistribution. Il y a des systèmes en France qui peuvent bien fonctionner (SCOP, etc.) et peuvent permettre d’être dans la transition. Les alternatives existent déjà, il faut les promouvoir, valoriser les efforts en ce sens. Il faut redéfinir l’économie de marché, notamment par rapport à l’UE, sortir de l’ultra-libéralisme. Il faut pouvoir gagner décemment sa vie si on a fait les efforts, pouvoir léguer un héritage à sa famille, ses proches.

Il y a des biens fondamentaux qu’on ne peut pas collectiviser, comme le logement. Des garde-fous pour permettre aux démarches individuelles de se développer.

L’économie met le focus sur le produit fini, le service et on oublie l’humain. Il faut revoir le mode de calcul et de gestion, revenir à L’État-providence, restaurer les services publics, rétro-pédaler par rapport à la finance, dans les traités européens et mettre en place une transition écologique à l’encontre des lobbys et des gros pollueurs. Ça nécessite une sensibilisation, de l’ouverture.

GROUPE 2 :

Plutôt que de parler de sortie du capitalisme, on devrait parler de lutte contre les inégalités sociales et de régulation. Que l’État reprenne la main sur l’économie, pour la démocratie, la réduction des inégalités. Il faut remettre l’État au centre du système. Il faut éviter de passer pour un mouvement de gauche, voire d’extrême-gauche ; ça amènerait à se couper de la moitié de la population française. On doit être crédible. On a besoin aussi de soutien d’autres pays à l’international et ça ne doit pas passer par l’isolement.

GROUPE 3 :

Comment sortir du capitalisme ? Faut-il aussi aller plus loin ? Pour construire quoi ? Nous voulons vivre et consommer différemment : il faut avoir un pouvoir d’achat suffisant pour vivre dignement, avoir le frigo plein, se loger, de quoi vivre mais cesser de consommer des choses inutiles, sortir des grandes enseignes qui font la richesse de quelques-uns. On veut travailler moins : on n’est pas nés pour être des esclaves. Ce n’est pas un objectif valable dans la vie de travailler pour accumuler des biens, gagner de l’argent. Il y a un problème de répartition du pouvoir dans la gestion des entreprises : il faut réfléchir aux communs, à la gestion du service public, tout remettre à plat dans la gestion de la propriété, mettre en place des formules coopératives pour tous les espaces de notre vie. Il faut défendre d’autres valeurs, d’autres types de richesses, défendre l’égalité sociale et la justice pour tous. Il n’y a pas de démocratie sans égalité.

Pour cela, proposer le RIC, une Constituante, se réorganiser collectivement pour la démocratie, mettre en place des systèmes coopératifs, les circuits courts, bénévolat, investissement collectif, épargne solidaire réapprendre et reprendre ce qu’on nous a volé, se réapproprier les mots.

Le capitalisme amène la destruction de tout. Faut-il aller vers la décroissance ? Comme l’a montré le CNR, le peuple peut faire beaucoup. Pensons au courage des gens pour mettre en place les structures issues du CNR. Dans des conditions plus difficiles, ils l’ont fait. Macron démission, ça veut dire qu’il faut dégager un système entier. Un autre pourrait remplacer Macron. Les alternatives : – celles qui parlent de nous directement nos actes concrets dès aujourd’hui – Les actes plus collectifs (me manquent des exemples)

GROUPE 4 :

Évoquer des possibilités de modèles alternatifs. Dans un but écologique : relocalisation. Le capitalisme est international, donc il faut relocaliser pour lutter contre lui. Constituer des zones autonomes de souveraineté alimentaire, énergétique et technique. Circuits courts, etc. Le productivisme du capitalisme pose problème, l’obsolescence programmée, l’exploitation des ressources, les risques sanitaires liés à la recherche du profit. Relocaliser c’est aussi reprendre le pouvoir politique sur des zones, des territoires. Fédérations de régions interdépendantes. Principe de l’autogestion à substituer aux principes actuels où les salariés sont sans autonomie. Des zones d’alternatives existent : ZAD, zapatistes au Chiapa, les Kurdes au Rojava.

Le terme capitalisme peut être clivant donc il est surtout important de proposer et mettre en œuvres des modèles alternatifs, pour les opposer au capitalisme, montrer un autre imaginaire attirant basé sur les valeurs de solidarité humaine. Il faut donner envie.

Risque : que les modèles de décroissance ne soient pas assez attirants et engendrent de la marginalisation. Ne pas appeler à faire table rase, pas le grand soir, mais montrer la société qu’on veut voir advenir.

Insister sur l’URGENCE. Actes de désobéissance civile. La démocratie passe aussi par la désobéissance. Une certaine bourgeoisie, une classe sociale, qui perd des choses mais qui arrive encore à bien vivre. Il faut les réveiller par des actions coup de poing, sur la santé notamment. La santé des gens et celle de leurs enfants.

La phrase sur le capitalisme est clivante, il faut être plus rassembleur. Proposition de phrase alternative : « conscients que nous avons à combattre… un débat de fond sur le capitalisme est nécessaire. » METTRE LES PHRASES, les demander à je sais plus son prénom

 

2e échange en plénière

Interventions

– Le rapport du GIEC est en-dessous des réalités. Il y a une trajectoire qui compromet l’ensemble du vivant sur la Terre. C’est la survie de notre civilisation qui est en question.

Il faut prendre des mesures pour restaurer les sols, respecter le vivant. Des famines nous pendent au nez, comme ce qui arrive en Syrie, du fait des sécheresses (500 millions de réfugiés prévus climatiques en 2050). Novethic a parlé de ce qui est nécessaire pour ne pas dépasser les 1,5 degré, sinon on est dans la merde. Des mesures en-dessous de la réalité pour sauver les meubles, à mettre en œuvre à une grande échelle dans les pays occidentaux. (lui demander le détail des mesures) En tant que civilisation on s’est complètement plantés. Dès les années 1830 la déforestation a été massive. L’exploitation du charbon était censée être écologique car ça réduisait la consommation de bois. Mais il y a le problème de la rareté des ressources, notamment minières qui demandent de l’énergie pour être extraites. Les gens qui nous dirigent sont au courant et s’en foutent. Le système est fou, il faut en sortir. Est-ce l’espoir ou de la panique, qui serait nécessaire ?

 

Ça ne sert à rien de voter. J’ai regardé ce qu’est l’UE. Le Parlement Européen : 7 500 personnes travaillent au Parlement. 10 000 personnes en comptant les députés et collaborateurs. Lui demander son texte (Michelle).

La prudence s’impose par rapport au GIEC, notamment par rapport aux renouvelables. Tapisser les territoires agricoles avec du photovoltaïque, mettre des éoliennes partout, c’est du capitalisme vert. Il y a des dérives possibles des technologies du renouvelable sur la nature.

 

Débat sur les européennes

 

Pourquoi il faut voter : j’ai déjà voté non à Maastricht. L’Europe libérale est dans les mains de l’oligarchie. Il faut ne pas oublier que nos lois nationales sont issues des règlementations européennes. Par le vote on peut changer le Président de la Commission, ainsi que les commissaires. On peut donc changer l’initiative des lois.

Le RN serait le faux-nez de Macron alors que Macron s’oppose au RN dans son discours. L’extrême droite-européenne vote toujours au niveau de l’Europe contre l’intérêt des salariés. Le RN a voté pour les 70 h max de temps de travail en Europe. Vote écologiste : déguisement en vert mais en fait ils sont pour la logique capitaliste, ils ne s’opposent pas aux pouvoirs en place dans l’UE.

Voter ne va pas changer la face du monde, mais aller voter c’est participer au référendum anti-Macron. Le non-vote ce sont des voix en plus pour Macron ou Le Pen. Si Macron obtient un certain pourcentage, s’il est en tête, le système médiatique va dire que la démocratie lui donne raison contre les Gilets Jaunes.

Il ne s’est jamais rien passé par le vote, les élections, la politique traditionnelle. Les élections européennes c’est un sketch. Il n’y a aucun enjeu à ces élections. La politique n’en a rien à foutre de moi. Il vaut mieux faire des actions locales et concrètes comme se filmer en train de mettre un bulletin jaune dans l’urne.

La seule manière de ne pas donner du pouvoir à Macron c’est de voter contre lui.

Les avis c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un. Je suis heureux de ce débat, mais selon moi, ce vote est une mascarade. La politique de ces dernières années c’est du théâtre, des conneries. La politique c’est comme une assiette de frites que chacun a. Les politiques changent vaguement la répartition des frites entre les gens.

Il faut sensibiliser à la citoyenneté. J’ai voté, j’ai été abstentionniste. D’accord, le vote ne va servir à rien, mais en ce moment ça bouge, ça peut donner envie de s’engager, de réfléchir à éventuellement voter. Les anciens se sont battus pour le droit de voter. Le bulletin jaune ça peut être très bien.

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